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La nouvelle orthographe

La nouvelle orthographe a commencé à être appliquée en Europe. Tout comme les autres instances francophones — au premier rang desquelles l’Académie française —, l’Office québécois de la langue française, dans son communiqué du 3 mai 2004, écrit :

L’Office estime qu’en cette période de transition ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives.
La situation actuelle
Actuellement, les ouvrages de référence entrent de plus en plus la nouvelle orthographe. C’est un mouvement irréversible qu’on ne peut pas ignorer. L’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Grèce, etc., tous ont simplifié leur orthographe. Dans tous les cas, l’écriture a changé, mais sans la moindre conséquence pour la langue. Dès l’âge de huit ans, les petits Italiens connaissent tout de l’orthographe de leur langue. À l’heure d’Internet, le français doit lui aussi simplifier son orthographe. Il en va de sa survie.

Pour mieux découvrir la nouvelle orthographe
Afin de faire mieux connaissance avec la nouvelle orthographe, je me suis lancé dans la lecture de Michèle Lenoble-Pinson, André Goosse, Michel Masson et Romain Muller, tous quatre de grands noms et de fervents défenseurs de la nouvelle orthographe.

La prudence
Mais avant de rédiger cette édition en nouvelle orthographe, je voulais m’assurer de quatre points importants, c’est-à-dire que
1°  la longueur de mon texte ne serait pas augmentée ni réduite;
2°  la compréhension n’en serait pas modifiée;
3°  les accords grammaticaux ne seraient pas changés;
4°  toutes mes règles typographiques ne seraient aucunement altérées.
J’ai donc fait l’essai, et j’ai dû constater que ces quatre points ont été respectés. Tout ce livre est donc rédigé en nouvelle orthographe, parce que j’y crois. Cependant, je laisse au lecteur la possibilité de choisir, et pour cela j’indique entre crochets l’orthographe traditionnelle quand il y a un choix à faire. Mon seul but est de prouver que ce n’est pas une autre orthographe différente et compliquée que nous devons apprendre, mais que cette nouvelle orthographe rend notre écriture un peu plus simple et plus logique.

Les réticences
Les réticences des opposants à toute nouvelle orthographe ont toujours existé. Mais des réformes ont été introduites lors de chacune des huit premières éditions du Dictionnaire de l’Académie française. Avec le temps, elles ont toutes été acceptées. Grâce à elles, on n’écrit plus comme Henri IV, qui envoyait en 1600 ce billet doux à Marie de Médicis :
Je vous remercye ma belle mettresse du presant que vous mavès anvoyé. Je le metré sur mon abyllemant de teste sy nous venons a un combat, et donneré des coups despée pour lamour de vous.
Le patrimoine
L’orthographe appartient à notre patrimoine, c’est vrai. L’église Notre-Dame aussi. Cela ne signifie pas qu’il faut les laisser à l’abandon. Sans entretien, l’église tomberait en ruines. L’orthographe figée aussi.

Les mots rectifiés dans ce livre
Total de mots : 82 570 ; nombre de mots rectifiés dans le texte : 102. Changements : 60 î en i, 15 û en u, 9 traits d’union supprimés, 7 mots francisés, 5 trémas déplacés, 3 pluriels normalisés, 3 anomalies rectifiées. Un mot touché toutes les 3 pages environ.

L’accent grave, l’accent circonflexe, les noms composés
Maintenant, j’écris je cèderai comme je le prononce, avec un è accent grave devant une syllabe muette (plus de cent verbes sont dans ce cas). Plusieurs noms ont profité du même principe : crèmerie, cèleri, évènement, etc.
Des accents circonflexes sur le î et le û disparaissent : Je lui plais, elle me plait, l’abime ne reçoit plus le chapeau de la cime, je goute mon casse-croute. Les accents sur â, ê, ô subsistent : Je lâche mon râteau, j’ai la tête en fête, je contrôle mes impôts.
Dans les noms composés d’un verbe et d’un nom, le nom se met au singulier quand le composé est au singulier, et au pluriel quand le composé est au pluriel.

L’aspect visuel
Oui, ça dérange un peu de lire connaitre sans accent circonflexe. Pour une question d’étymologie, l’élève se retrouvait devant des bizarreries telles que je connais mais elle connaît, nous connaissons mais nous connaîtrons, avec un accent qui vient et qui va. Jadis, cela a dérangé aussi quand roy est devenu roi. On s’y est habitué. Le jeune élève qui, à l’école, apprend à écrire connaitre ne remettra pas l’accent quand il sera adulte.

Les pourquoi
Pourquoi les experts ne sont-ils pas allés plus loin ? Tous les pourquoi que l’on peut se poser, les experts les ont débattus. Je leur fais confiance. Oui, l’orthographe comporte encore des exceptions, mais elles ont été réduites en grand nombre.
— Docteur, j’ai mal aux deux bras.
— Je peux vous guérir un bras.
— Ah, non, si vous ne me guérissez pas les deux, je refuse le traitement.
Le choix et le mélange
Je peux choisir l’une ou l’autre orthographe, car ni l’une ni l’autre ne peut être fautive. Je peux aussi mélanger les deux, comme le dit André Goosse : « Chacun peut continuer à écrire comme il l’entend, le Canard enchaîné garder le circonflexe qui lui plait. »

Les langagiers
Les correcteurs et les réviseurs assimileront la nouvelle orthographe en peu de temps. Ils demanderont à leurs clients de choisir une des deux orthographes. Le client pourra même demander à son correcteur d’appliquer la nouvelle orthographe, sauf sur tel mot qu’il préfère garder avec l’accent que ce mot comportait en traditionnelle. Évidemment, il faudra être cohérent : si l’on a choisi d’écrire cèdera, il faudra écrire aussi cèderont. Pour les langagiers, rejeter la nouvelle orthographe serait une erreur, puisqu’elle entre progressivement dans tous les ouvrages de référence. Au moment de mettre sous presse, j’apprends que Microsoft intègre la nouvelle orthographe dans ses produits : www.orthographe-recommandee.info/actu.htm.

Les gens du livre
Dans son livre cité dans la bibliographie, Michel Masson suggère :
Ce sont les gens du livre qui, jadis, ont contribué à faire bouger l’orthographe, les Plantin, les Tory, les de Tournes, sans oublier Étienne Dolet. Pourquoi, en collaboration avec les auteurs et la presse, ne resteraient-ils pas sur cette prestigieuse lancée, non pas les gardiens d’un ordre à jamais établi, mais ceux par qui l’écriture vit ?

J’en ai la chair de poule quand j’entends parler des gens du livre, les typographes du seizième siècle, mes idoles. Surtout Geofroy Tory, qui a écrit en 1529 le premier code typographique, Le champ fleury. Je m’imagine un peu son descendant.
Rester, moi aussi, sur la prestigieuse lancée ? Je veux bien.

Aurel Ramat
Le CNRS a dressé la liste des féminins des fonctions pour la France. Cette liste est rédigée en nouvelle orthographe. Par exemple, on peut y voir les mots "entraineur, maitre, gouteur" écrits sans accents circonflexes.
CNRS : Féminin des fonctions.

Le GQMNF (Groupe québécois pour la modernisation de la norme du français –
www.renouvo.org/gqmnf) a mis en ligne de nombreuses précisions sur les rectifications orthographiques du français.

Pour les principales informations sur la nouvelle orthographe :
www.nouvelleorthographe.info

Le Ramat de la typographie contient les règles de la nouvelle orthographe.

Il est en vente sur ce site.

Ramat.fr est le site officiel d'Aurel Ramat, auteur du livre Le Ramat de la typographie.
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